La funeste aventure du Black Swan

Le 31 décembre 1943, le bombardier B17 américain The Black Swan s'écrasait sur la commune à Kérancréac'h. Son équipage était composé de 10 aviateurs, dont deux sont décédés au moment du crash. Une stèle commémorative installée à Kérancréac'h rend hommage à ces aviateurs américains, qui sont venus en Europe pour libérer notre pays du joug nazi.

black swan équipage

L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) provoque l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés. Le Boeing B-17 Flying Fortress est l’un des bombardiers américains, les plus connus de la Seconde Guerre mondiale et surtout celui qui a largué le plus gros tonnage de bombes tout au long du conflit. Fabriqué dans la seconde moitié des années 1930, le B-17 a servi sur tous les théâtres d’opération jusqu’en 1945. La tactique officielle des forces armées américaines est le bombardement à haute altitude. Les unités de la 8e Air Force arrivant des États-Unis s’établissent en Angleterre en mai 1942 pour former le 91e groupe de bombardement, auquel appartient The Black Swan.

Photographie de Verne Woods :

verne woods

Que se passe-t-il le 31 décembre 1943 ?

L’équipage de ce bombardier était composé de dix soldats américains et s’était envolé de Bassingbourn ce dernier jour de 1943 avec la mission de bombarder les bases de Bordeaux-Mérignac et Cognac, que les Nazis utilisent pour attaquer des convois en Atlantique et protéger ses sous-marins U Boot dans le golfe de Gascogne, notamment. Au matin, vers 10 h 30, avec un ciel dégagé, les Bannalécois, peuvent entendre et même apercevoir ce ballet de la flotte aérienne qui descend d’Angleterre vers le Sud-Ouest : près de 400 bombardiers par vagues de 10 à 12 unités, assistés de chasseurs. À 12 h 30, la défense antiaérienne allemande touche un des moteurs de The Black Swan, de retour de Cognac. Décroché du reste de la flottille, l’avion continue sa route vers Lorient. Le pilote Verne Woods ayant assuré au chef d’escadrille qu’il pouvait continuer seul, sans protection.

B 17

Pourquoi un crash à Kérancréac’h ?

Vers 15 h, la vague de bombardiers rentre en Angleterre en passant au-dessus de la commune et The Black Swan suit ce cortège à quelques minutes de distance. Mais, à la verticale du Pouldu, le bombardier est pris en chasse par deux avions chasseurs nazis. L’avion américain est sérieusement touché, le copilote Stuart Mendelsohn est tué sur le coup. Le B17 fonce droit sur le quartier du Verger, mais le pilote amorce une rotation à 180 ° et met le pilotage automatique avec cap vers l’Atlantique. Les aviateurs s’éjectent en parachute au-dessus de la commune. Le mécanicien Richard Hensley, n’actionne pas son parachute et s’écrase au sol. Le B17 se crashe dans un champ à Kérancréac’h, au sud-ouest de la commune. Parmi les huit survivants, certains sont rapidement rattrapés par les patrouilles allemandes installées sur la commune, d’autres réussissent à s’échapper temporairement avant de tomber aux mains de l’ennemi et d’être interné en camp de prisonniers. Certains sont pris en charge par le réseau de Résistance et parviennent à s’échapper de France.

Présentation de la peluche mascotte Eager Beaver de l’équipage du Black Swan (31/12/2015) :

black swan peluche

Tous les ans, une cérémonie se déroule à Kérancréac’h en l’honneur de ces aviateurs. En 2015, une partie de la famille de Richard Hensley a fait le déplacement et remis à Yves Carnot, une peluche signée par les 10 membres de l’équipage du Black Swan et qui représentait leur mascotte.Yves Carnot, dont le grand-père habitait une ferme à proximité du lieu du crash, a enquêté durant de nombreuses années sur l’aventure de ce bombardier américain.