Portrait d’Anna Charpentier, rue de Rosporden

La municipalité a souhaité afficher les moments forts de l'histoire de la commune et quelques portraits de Bannalécois sur les murs de la ville, afin de créer un lien entre les générations et permettre aux visiteurs de connaître le passé de Bannalec. Sur un pignon de maison de la rue de Rosporden, on peut apercevoir le joli visage souriant d'une jeune femme en costume breton : Anna Charpentier.

Depuis l’été 2013, le portrait sur bâche d’une jolie bretonne en coiffe, photographiée dans le studio de René Thersiquel, est installé au 26, de la rue de Rosporden, sur le pignon de la maison d’Élise Picol.

Le regard dans le vague, un joli sourire épanoui, habillée en costume breton, cette jeune femme semble souhaiter un bon voyage à ceux qui quittent la commune par cette route. Jusqu’alors, nul ne savait exactement qui elle était.

anne charpentier

En 2013, un couple de Concarnois ayant des origines bannalécoises est venu participer aux festivités des 100 ans de l’école Notre-Dame. Puis, ils sont repartis par la route de Rosporden, car la famille de René Guernalec, officier de marine en retraite, habitait dans cette rue, de l’autre côté de la chaussée. Sa femme, attirée par la grande photographie, pensa tout de suite à sa cousine germaine, « mais c’est Anne Charpentier », s’exclama-t-elle.

Le couple s’est arrêté et a bien observé la photographie, mais sans certitude. Ensuite, ils ont contacté les membres de l’association Passé Composé, qui leur ont fourni les clichés par mail. Ils ont rappelé la semaine dernière et n’avaient plus aucun doute, car ils ont retrouvé la photographie dans leur album de famille. Ils racontent une partie de l’histoire de cette jeune femme.

« Anne Charpentier est issue d’une famille belge qui allait de foire en foire pour y vendre des marchandises diverses. Sa grand-mère s’appelait Eugénie Demeulemester et habitait près de Gand. »

Le couple Guernalec a remonté le fil de l’histoire et effectué quelques recherches : « Dans la famille, il y avait des chanteuses de rue, des marchands de bondieuseries. Le père d’Anne s’appelait Francis, il est né en 1903 à Guingamp et décédé à Paris en 1956. Il travaillait alors à la SNCF et sa femme se nommait Anna (Louise Joseph Marie) Guillou de Bannalec ».

Le père faisait partie d’une famille de 13 enfants, qui sont nés au hasard de leurs voyages forains, puisqu’on retrouve leurs traces à Pont-l’Abbé, Laval ou Rennes. Sur l’acte de naissance de Francis Charpentier, on peut lire que les parents sont « de passage à Guingamp ».

Francis et Anna auront deux enfants : Anne, et son frère aîné, sans doute nés dans les années 1930, le mariage des parents ayant été célébré le 12 août 1924. Finalement, on sait peu de chose d’Anne, qui a suivi ses parents dans la capitale, et dont peu de gens ont dû croiser la route à Bannalec. Mais ceux qui l’ont connu n’ont sans doute pas pu oublier son joli sourire qui rayonne désormais sur la rue de Rosporden.